Pourquoi ?

Rejet du plan Bayrou 2026

Le « Plan Bayrou » s’articule autour de deux grands axes :

– « Stop à la dette », qui vise à réduire les dépenses publiques et à contenir le déficit d’ici 2029

– « En avant la production », qui cherche à relancer l’activité économique et la compétitivité de la France.

Si ce plan affiche une volonté de redressement budgétaire et productif, il soulève aussi de nombreuses interrogations et critiques : impact social des mesures d’austérité, équité de l’effort demandé, conséquences pour les services publics et manque de réponses aux enjeux environnementaux.

« stop a la dette »

Suppressions de postes et réduction du « train de vie » de l’État

Le plan prévoit le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, soit 3 000 suppressions de postes en 2026, ainsi que la fermeture d’agences jugées « improductives ».

problème :

Une telle politique interroge sur la capacité des services publics à remplir leurs missions : santé, éducation, environnement…

L’expression « réduire son train de vie » reste vague et s’agit-il de réduire le train de vie des sénateurs ? Des ministres ? Des présidents de Région ? Ou s’agit-il de  masquer une dégradation des services essentiels pour les citoyens ?

Sur quels critères les agences de l’Etat seront-elles jugées « improductives » ? Les agences de l’Etat, ce sont par exemple les Agences de l’eau qui financent à hauteur d’environ 70% tous les chantiers et rénovations concernant l’eau potable en Creuse.

Réforme des dépenses de santé

Parmi les mesures :

– Sortie du remboursement intégral de certains médicaments

– Doublement de la franchise médicale

Responsabilisation accrue des salariés et entreprises sur les arrêts maladie.

problème : la franchise médicale c’est quoi ?

La franchise médicale correspond à une somme qui est automatiquement déduite de vos remboursements de santé (Assurance Maladie) sur :

  • les médicaments (1 par boîte ou par flacon),
  • les actes paramédicaux (1 par séance),
  • les transports sanitaires (4 par trajet).

    Aujourd’hui, cette franchise est plafonnée à 50 € par an, ce qui limite le reste à charge pour les patients.

Ce que prévoit le plan Bayrou

Le projet de réforme prévoit de doubler ce plafond annuel, qui passerait de 50€ à 100€ par an et par personne.

Pourquoi c’est problématique ?

Une telle mesure risque de pénaliser les ménages modestes et surtout les personnes atteintes de maladies chroniques, qui ont recours régulièrement aux soins et aux médicaments.

En outre, cette approche se concentre uniquement sur la réduction des dépenses de santé, sans agir sur les causes profondes de l’augmentation des maladies chroniques :

    • accès universel à une alimentation saine et sans pesticides,
    • lutte contre la pollution de l’air et de l’eau,
    • réduction de l’exposition aux polluants environnementaux,
    • amélioration des conditions de vie, réduction du stress, etc.
      Comment seront évalués les arrêts maladie ? Qui va décider s’ils sont abusifs ou non ? Sur quels critères ?

    L’année blanche 2026

    Gel des prestations sociales, des retraites et des barèmes fiscaux à leur niveau de 2025, afin de contenir la dépense publique.

    problème

    D’habitude, les retraites, les aides sociales et certains impôts sont ajustés chaque année pour suivre l’inflation, c’est-à-dire la hausse des prix.

    Avec le gel annoncé, en 2026 ils ne seront pas augmentés : les montants resteront bloqués au niveau de 2025, même si la vie coûte plus cher.

    Concrètement, cela veut dire que le pouvoir d’achat des Français va diminuer.

    Contribution accrue des plus aisés et des grandes entreprises

    Mise en place d’une « contribution de solidarité », révision de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions, chasse aux niches fiscales et taxe sur les petits colis.

    problème

    Si ces mesures ciblent les plus riches, leur périmètre exact reste flou : « on leur demande de « contribuer davantage » : s’agit-il d’une obligation ou d’un appel moral ?

    En parallèle, les collectivités locales, déjà sous tension, seront fortement mises à contribution.

    Les collectivités locales (mairies, communautés de communes, communauté d’agglomération, départements, certains syndicats…) gèrent :
    – les déchets
    – l’eau potable
    – les routes
    – les écoles
    – la protection des cours d’eau et la prévention des inondations
    – le tourisme
    – le sport
    – et plus encore…

    « en avant la production »

    Suppression de deux jours fériés

    Le gouvernement propose de supprimer le lundi de Pâques et le 8 mai afin d’augmenter la production.

    problème :

    Ces journées deviendraient des jours de travail ordinaires.

    Les salariés travailleraient donc normalement, sans bénéficier des compensations ou majorations habituellement liées aux jours fériés.

    Cela représente également une réduction du temps de repos pour les salariés qui ne travaillent pas ces jours-là.

    Se pose également une question symbolique : disparition de la commémoration du 8 mai 1945, date de fin de la Seconde Guerre Mondiale.

    Les ponts du mois de mai génèrent une part importante du chiffre d’affaires de nombreuses petites entreprises, en particulier dans l’hôtellerie, la restauration et le tourisme (musées, parcs, activités culturelles, etc.).

    Simplification et soutien aux entreprises

    Des ordonnances devraient simplifier les démarches sectorielles, 900 millions d’euros supplémentaires seront injectés en fonds propres et les retards de paiement seront plus lourdement sanctionnés (jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires).

    problème :

    La simplification est floue : quels obstacles seront réellement levés ? Comment ?

    Les sanctions financières contre les mauvais payeurs peuvent être efficaces mais elles ne suffisent pas à régler les déséquilibres structurels.

    Innovation et technologies prioritaires

    Réorientation des financements vers l’intelligence artificielle, le cyber et prolongation de la durée de vie du parc nucléaire à 50 voire 60 ans.

    problème du nucléaire :

    Réponse courte :

    Le parc nucléaire français est aujourd’hui critiqué pour son vieillissement, ses coûts qui dérapent, la perte de compétences internes, et des incertitudes sur la sûreté et la rentabilité à long terme.

    Réponse longue :

    Vieillissement et problèmes techniques

    • Plusieurs réacteurs présentent des problèmes de corrosion et de fissures, y compris parmi les plus récents.
    • Cela alimente les craintes sur la sûreté et la fiabilité du parc.

       

      Retards et surcoûts industriels

    • L’EPR de Flamanville est devenu le symbole d’une filière en difficulté : coûts multipliés par six et plus de dix ans de retard.
    • Les futurs EPR2 sont estimés à près de 80 milliards d’euros, avec des délais incertains.


      Perte de compétences et recours massif à la sous-traitance

    • 80 % de la maintenance est externalisée, ce qui fragilise le savoir-faire interne d’EDF et augmente le risque d’erreurs.


    Sécurité et gouvernance critiquées

    • Intrusions et alertes d’ONG ont mis en lumière des failles dans la protection des sites.


      Rentabilité et incertitudes financières

    • Le coût du nucléaire augmente, alors même que d’autres pays produisent moins cher.
    • Les investissements massifs nécessaires posent la question de la rentabilité réelle pour les finances publiques. Place dans la transition énergétique
    • Si le nucléaire réduit les émissions de CO2 dans l’électricité, il ne couvre qu’un quart de la consommation énergétique totale.
    • Les scénarios de transition misent davantage sur les énergies renouvelables que sur une expansion massive du nucléaire.

    problème de l’IA :

    Le développement de l’intelligence artificielle apporte des opportunités mais soulève de nombreux problèmes.


    Il menace certains emplois tout en creusant les inégalités entre ceux qui maîtrisent ces technologies et les autres.


    Il pose des questions éthiques :
    – biais,
    – discriminations,
    – responsabilité en cas d’erreur
    – des risques de sécurité (désinformation, cyberattaques, armes autonomes).


    L’IA récolte énormément de données et consomme beaucoup d’énergie et d’eau pour stocker ces données, ce qui soulève des inquiétudes sur la vie privée et l’environnement.


    Enfin, son contrôle reste concentré entre les mains de quelques grandes entreprises et puissances, accentuant les déséquilibres économiques et géopolitiques.

    Travail et modèle social

    Réforme de :
    – l’assurance chômage
    – du droit du travail
    – création de l’allocation sociale unifiée (ASU)

    L’ASU :
    C’est une proposition en cours de débat au gouvernement : il s’agit de fusionner plusieurs prestations sociales — telles que le RSA (Revenu de Solidarité Active), la prime d’activité, les APL (Aides au Logement), voire l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) — en un seul versement simplifié.

    problème :

    Plusieurs acteurs sociaux émettent des réserves à propos de l’ASU soulignant que la réforme pourrait réduire les ressources de certains bénéficiaires, notamment les plus modestes.

    Une mission parlementaire flash a alerté sur les possibles effets négatifs : à budget constant, près de 3,5 millions de ménages pourraient voir leurs aides diminuer.

    Le risque d’une harmonisation vers le bas est souligné : si les règles plus favorables de certaines aides sont effacées, cela pourrait nuire à ceux qui en dépendaient avant la fusion.

    Budget de l’armée : 5% du PIB

    Lors du sommet 2025 de l’OTAN à La Haye, qui s’est tenu les 24 et 25 juin 2025, les 32 pays membres, dont la France, se sont engagés à porter leurs dépenses pour la défense et la sécurité à 5% de leur PIB d’ici à 2035.

    problème :

    Qui va payer ?