se protéger – les bons réflexes
Manifestations / blocages
Pas de téléphone personnel
Si vous partez en blocage ou en manifestation, il est vivement conseillé de partir avec un téléphone « nettoyé » spécifiquement dédié à cet exercice : pas de photos, pas trop de contacts, pas de messages et donc pas de possibilité de compromettre des camarades, bref, un « tel de manif »)
Prévenez votre famille que vous partez en manifestation.
Écrivez sur votre peau un numéro de contact
Marquez sur votre peau le numéro d’un proche à prévenir, le numéro de la Légal team (l’équipe qui gère les situations en cas d’arrestation) et de l’avocat en poste, qui couvrent votre secteur.
La legal team est disponible à ce numéro : 06 27 73 01 55
Transmettez ce numéro à des proches ou écrivez le sur votre bras.
La legal team sera chargée de la défense collective et de contacter l’avocat qui accepte de nous représenter.
Témoin d’une arrestation ?
Si vous êtes témoin d’une arrestation, vous convoquez la legal team, joignable dans la boucle Telegram nommée « Base arrière juridique (BAJ) » ou au numéro de téléphone ci-dessus.
Ne pas se laisser influencer
On décide soi-même si on se sent de faire quelque chose ou pas : on ne se laisse pas forcer la main, ni par une personne qui parle fort ni par ses amis. On fait à sa mesure.
On ne culpabilise pas
On ne culpabilise pas si on abandonne des gens qu’on connaît parce qu’on ne se sent pas de rester avec eux pour le moment.
On ne se met pas en danger
Il faut aussi se préserver pour permettre à l’action et au mouvement de durer. Il faudra revenir plus tard, donc ne pas être arrêté ni être trop fatigué ni blessé.
Avec ses amis, on se fixe des objectifs ensemble, le degré d’implication auquel chacun. est prêt.e et les limites de chacun.e.
On fait attention aux autres
On veille sur les autres autour de nous qui pourraient être en difficulté.
On forme des binômes pour garder un oeil sur son.sa camarade, on définit un endroit où se rejoindre si on est séparés et un cri/signe de ralliement pour se retrouver dans la foule.
On joue collectif
On prend des avis autour de nous avant de prendre des initiatives.
On sait pourquoi on fait l’action
On pense plus loin que l’action elle-même : donc on n’a rien à prouver personnellement et on sait aussi quand arrêter l’action pour éviter de perdre plus que ce qu’on a déjà réussi.
Lacrymo VS désencerclement
La grenade lacrymogène se disperse en plusieurs palets. Si ce n’est pas le cas, c’est une grenade de désencerclement qui va donc exploser : il faut alors reculer dans le calme, sans paniquer.
Porte de sortie
Quand on arrive, on s’assure de l’emplacement des forces de l’ordre et on identifie une porte de sortie en cas de besoin.
On ne cherche jamais l’affrontement avec les forces de l’ordre
Une fois de plus, on prend soin de soi et des autres autour pour que le mouvement dure dans le temps.
garde a vue
Avant la manifestation
Désignez une personne de confiance et donnez-lui accès aux papiers importants dont l’avocat aura besoin : quittance de loyer, contrat de travail, certificat de scolarité…
Informez au moins un proche de l’endroit où vous vous rendez.
Au moment de l’arrestation
Si vous êtes arrêté, vous avez le numéro d’un avocat ou celui de votre proche à prévenir ou celui de la legal team.
Au moment de l’arrestation, vous déclinez votre « petite identité » (nom, prénom adresse, date et lieu de naissance).
Quoi qu’il arrive, on garde son calme, on ne donne pas de grain à moudre aux forces de l’ordre, malgré les éventuelles provocations.
Durant la garde à vue
On se concentre et on se réfugie dans une forteresse de pensée pour mieux appréhender ce moment peu plaisant.
Au poste, on est en milieu hostile, on a pas d’amis (même le toubib).
Tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous.
Alors un seul mot d’ordre, on se tait.
On voit le médecin pour faire un état des lieux (on peut avoir reçu des coups en amont, ou peut être pendant le passage au poste). On ne lui parle pas d’autre chose que de santé.
On demande l’entretien avec l’avocate, Maitre Stéphanie Dufraigne, barreau de Guéret. C’est là que le numéro de la légal team que vous avez judicieusement écrit sur votre peau sera utilisé : 06 27 73 01 55.
La legal team se chargera de contacter l’avocate et de l’informer de votre présence en GAV.
Vous pourrez prévenir votre proche. Si iel est informé.e en amont, iel saura ce qu’il y a à faire : des animaux à nourrir, des camarades à prévenir (au cas où personne n’aurait assisté à votre interpellation), des recommandations spécifiques que vous auriez transmises …
Empreintes et ADN
Le refus de donner ses empreintes et son ADN peut constituer une infraction. Discutez-en avec l’avocat qui vous assiste. S’il n’est pas disponible immédiatement, gardez en tête qu’il est très difficile de faire effacer des empreintes, des photos ou de l’ADN des fichiers de la police, il peut être préférable de refuser.
Pour l’ADN, la police a besoin de votre consentement écrit, cependant attention à ne pas laisser votre ADN sur un gobelet, un mégot, des couverts…
L’audition
Vous aurez 30 min avec l’avocat pour préparer votre audition.
Vous pourrez lui expliquer le déroulement de votre arrestation.
Pas besoin d’être trop prolixe si c’est un commis d’office et que vous ne le connaissez pas (en Creuse, avocats et policiers se connaissent tous, se côtoient quotidiennement et ont donc développé des liens amicaux, il est, d’après nous, déconseillé de trop s’étendre).
L’avocat sera présent pour s’assurer que l’audition se déroule dans les règles.
On vous demandera la « grande identité » (la petite + l’identité de vos parents).
Ce n’est pas à vous de prouver que vous êtes innocent.
C’est à eux de prouver que vous êtes coupable.
Pour tout le reste, la seule réponse à donner est la suivante et sous cette seule formulation :
JE N’AI RIEN A DECLARER
Quelles que que soient les questions qu’on vous pose ou les pressions qu’on vous met, si vous observez cette consigne, c’est tout le collectif qui s’en porte mieux.
Vous n’avez rien à dire aux forces de l’ordre.
C’est seulement devant le juge qu’on s’exprime, si la procédure arrive jusque-là. Rappelez-vous que ce n’est pas à vous de prouver que vous êtes innocent.
C’est à eux de prouver que vous êtes coupable.
Si vous ne parlez pas, il n’ont aucune matière à exploiter contre vous.
Pour garder le moral
Pour vous remonter le moral, gardez ceci à l’esprit : il y a des gens au dehors pour vous soutenir, la garde à vue est un mauvais moment à passer mais c’est surmontable.
Vous êtes un citoyen qui se mobilise pour un monde juste. Vous n’avez rien à vous reprocher.
Notre action est parfaitement légitime.
